Qu’est-ce que la délivrabilité ?
La délivrabilité, c’est la part de vos e-mails qui arrive dans la boîte de réception plutôt que dans les spams (ou nulle part). Les messageries comme Gmail, Outlook ou Yahoo décident à partir de plusieurs signaux : votre domaine est-il authentifié ? Quelle est sa réputation ? Vos destinataires ouvrent-ils, répondent-ils, ou signalent-ils vos messages comme spam ? Vos adresses existent-elles ? En cold email, où personne ne vous attend, chacun de ces signaux compte double.
Ce que Gmail, Yahoo et Outlook exigent depuis 2024
En février 2024, Google et Yahoo ont commencé à appliquer de nouvelles règles aux expéditeurs, renforcées pour les « expéditeurs en masse ». Microsoft a annoncé des exigences similaires pour Outlook en 2025.
| Exigence | Tous les expéditeurs | Expéditeurs en masse |
|---|---|---|
| Authentification | SPF ou DKIM | SPF et DKIM, plus DMARC (p=none minimum), aligné avec le domaine du From |
| DNS | Enregistrements DNS direct et inverse valides pour les IP d’envoi | Idem |
| Taux de spam | Sous 0,3 % (Google recommande sous 0,1 %) | Idem |
| Désinscription | — | Désinscription en un clic pour les messages marketing, lien visible dans le corps, traitée sous 2 jours |
| Format | Respect des RFC 5321/5322, TLS (Gmail) | Idem |
Google définit un expéditeur en masse comme celui qui envoie près de 5 000 messages ou plus en 24 heures vers des comptes Gmail personnels, et précise que ce statut est permanent une fois attribué. Yahoo ne donne pas de seuil. Même si vous n’atteignez jamais ces volumes, appliquez les exigences « en masse » : elles sont devenues le minimum de fait.
SPF, DKIM et DMARC expliqués simplement
- 1SPF : qui a le droit d’envoyer
Un enregistrement TXT sur votre domaine liste les serveurs autorisés à envoyer en son nom. Exemple pour Google Workspace : v=spf1 include:_spf.google.com ~all. Un seul enregistrement SPF par domaine ; si vous utilisez plusieurs services, ajoutez-les dans le même enregistrement, en restant sous la limite de 10 recherches DNS.
- 2DKIM : la signature
Votre fournisseur de messagerie signe chaque e-mail avec une clé ; vous publiez la clé publique dans un enregistrement TXT (sélecteur._domainkey.votredomaine). Dans Google Workspace comme dans Microsoft 365, la clé se génère depuis la console d’administration.
- 3DMARC : la règle et les rapports
Un enregistrement TXT sur _dmarc.votredomaine indique quoi faire des e-mails qui échouent à SPF et DKIM, et où envoyer les rapports. Commencez par v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@votredomaine, lisez les rapports quelques semaines, puis passez à p=quarantine voire p=reject.
- 4Vérifiez
Envoyez-vous un e-mail sur une adresse Gmail, ouvrez « Afficher l’original » : SPF, DKIM et DMARC doivent indiquer PASS.
Faut-il un domaine d’envoi séparé ?
Beaucoup d’équipes envoient leurs cold emails depuis un domaine proche du principal (par exemple votreentreprise-mail.com ou getvotreentreprise.com) plutôt que depuis le domaine qui porte leurs factures et leurs e-mails clients. L’idée : si la réputation du domaine de prospection se dégrade, celle du domaine principal reste à l’abri.
- Configurez-le complètement : SPF, DKIM, DMARC, et une redirection du site vers votre site principal.
- Restez transparent : vrai nom, vraie entreprise, vraie signature. Un domaine séparé protège votre réputation, il ne sert pas à masquer qui vous êtes.
- Laissez-le mûrir : un domaine tout juste créé n’a aucune réputation ; commencez très doucement.
- Pas de rotation pour contourner les filtres : multiplier les domaines pour envoyer plus de messages non désirés finit toujours par se voir.
Si vous envoyez peu (quelques dizaines de messages par jour, très ciblés), envoyer depuis votre domaine principal bien configuré reste une option raisonnable.
Montée en charge et volumes quotidiens
Google le dit simplement : quand vous augmentez votre volume d’envoi, commencez bas, avec des destinataires engagés, et augmentez lentement. Une boîte neuve qui envoie 300 cold emails le premier jour ressemble à un compte piraté.
- Semaines 1 à 2 : des e-mails normaux, vers des contacts qui répondent (collègues, partenaires, clients).
- Ensuite : quelques cold emails par jour, puis une augmentation progressive tant que les rebonds et les signalements restent bas.
- En croisière : beaucoup de praticiens restent à quelques dizaines de cold emails par boîte et par jour ; il n’existe pas de chiffre officiel, et votre fournisseur de messagerie a aussi ses propres limites quotidiennes.
- Plusieurs boîtes plutôt qu’une boîte surchargée si vous avez besoin de volume, chacune configurée et montée en charge séparément.
Hygiène de liste : la moitié du travail
- N’achetez pas de listes. Les règles de Google le disent noir sur blanc, et ces listes sont pleines d’adresses mortes et de pièges à spam.
- Vérifiez les adresses avant l’envoi et retirez celles qui sont invalides ; un taux de rebond élevé abîme vite la réputation.
- Retirez immédiatement les rebonds, les désinscriptions et toute personne qui demande d’arrêter, et gardez-les dans une liste d’exclusion.
- Évitez les adresses génériques (contact@, info@) quand vous pouvez trouver le bon interlocuteur ; elles répondent moins et signalent plus.
- Ciblez étroitement : moins de destinataires, mieux choisis, c’est moins de signalements.
Un contenu qui ne ressemble pas à du spam
- Du texte simple, court, comme un e-mail écrit à la main ; pas de newsletter en HTML chargé.
- Un lien au maximum dans le premier message, pas de raccourcisseur d’URL, pas de pièce jointe.
- Une personnalisation réelle dans la première phrase, pas seulement {{prénom}}.
- Des variantes de formulation (spintax) pour ne pas envoyer le même texte mot pour mot à des centaines de personnes.
- Un nom d’expéditeur et une signature cohérents, avec le nom de l’entreprise et un moyen de la joindre.
- Certains expéditeurs désactivent le suivi des ouvertures sur le premier e-mail pour garder un message le plus simple possible.
Pour la rédaction elle-même, voyez nos modèles de messages de prospection.
Désinscription et consentement
La désinscription en un clic de Google et Yahoo vise les messages marketing des expéditeurs en masse. En cold email B2B, prévoyez au minimum une phrase claire pour ne plus être contacté (« Répondez “stop” et je ne vous écrirai plus ») et respectez-la vite : Yahoo exige 2 jours, Google recommande 48 heures. La loi s’ajoute : aux États-Unis, le CAN-SPAM s’applique aussi au B2B et exige une adresse postale et un moyen de désinscription (guide de la FTC) ; en Europe, le RGPD et les règles nationales encadrent la prospection. Renseignez-vous sur les pays que vous ciblez.
Surveiller sa délivrabilité
- Google Postmaster Tools pour suivre le taux de spam et la réputation de votre domaine chez Gmail (utile surtout à partir d’un certain volume).
- Taux de rebond par campagne : s’il grimpe, arrêtez et nettoyez la liste.
- Taux de réponse : s’il s’effondre d’un coup sans changement de message, suspectez les spams.
- Rapports DMARC pour repérer des envois non autorisés au nom de votre domaine.
Comment Yalors s’inscrit dans tout ça
La prospection par e-mail de Yalors envoie depuis votre propre boîte (Gmail, Outlook ou n’importe quelle boîte IMAP) : l’authentification SPF, DKIM et DMARC se configure donc sur votre domaine, chez votre fournisseur. Côté envoi, Yalors applique des plafonds quotidiens par compte, une montée en charge sur 14 jours pour un compte nouvellement connecté, des plages d’envoi, des délais aléatoires et l’arrêt dès qu’un prospect répond. Variables avec valeur par défaut, spintax et variantes A/B évitent les textes identiques, et les statistiques d’ouverture et de clic par étape montrent ce qui fonctionne. L’e-mail peut aussi s’intégrer à une séquence multicanale avec LinkedIn et WhatsApp. Les plans sont détaillés sur la page tarifs.
Check-list avant votre première campagne
- SPF, DKIM et DMARC publiés et en PASS sur un e-mail de test.
- Domaine d’envoi décidé (principal ou dédié) et site redirigé si dédié.
- Boîte montée en charge progressivement.
- Liste vérifiée, sans adresses achetées, avec une liste d’exclusion.
- Message court, personnalisé, un lien au plus, phrase de désinscription.
- Volume quotidien modeste et plage d’envoi en heures de bureau.
- Suivi des rebonds, réponses et signalements chaque semaine.